Qu'est-ce que le Folk ?    

Vaste sujet ! Etant d'une nature modeste (!), je me bornerai à essayer d'expliquer ce qui tourne autour du « Bal Folk », en espérant susciter des vocations de danseurs et/ou de musiciens chez les visiteurs de ce site.

1) Qu'est-ce qu'un Bal Folk ?

En Bretagne, il existe le Fest Noz qui est assez facile à définir : on y pratique des danses traditionnelles bretonnes, celles du terroir où l'on se trouve (pays Plinn, pays Vannetais...), plus celles d'autres terroirs bretons, plus quelques danses encore relativement récentes (valses, mazurkas, polkas...). Mais on n'y trouve peu ou pas de danses de régions différentes : quelques bourrées ou cercles circassiens éventuellement. Cela peut se justifier par la richesse et la vigueur de la danse et de la musique bretonnes.

Fest noz avec Hamon Martin Quartet à St Quay Portrieux, juillet 2003. Les couples tournent sur un "baleu", danse de repos de la suite de Loudéac.

Photo Folk 53

A l'inverse, le Bal Folk fait intervenir les danses des différentes régions françaises, des îles Britanniques, d'Europe de l'Est, etc, en plus des danses locales. Bien sûr, là encore, la part de ces dernières sera plus ou moins grande selon la richesse du patrimoine local, sans vouloir vexer personne !

2) Qu'est-ce que cela donne en Mayenne, par exemple ?

Selon les groupes, et selon les musiciens solistes qui interviendront en « scène ouverte » (un des grands atouts des bals Folks !), on trouvera des danses qui ont été pratiquées traditionnellement en Mayenne : des avant-deux (2 couples face à face) et des polkas, mazurkas, scottishes et autres valses... On trouvera aussi des danses des régions proches (andro, gavottes de Bretagne, maraîchines de Vendée, branles de Normandie ou d'Anjou...), moins proches (bourrées du Centre, rondeaux de Gascogne...) ou étrangères (mixers de Grande-Bretagne, two-steps cajuns...).

3) Pourquoi danser en Bal Folk ?

Quelle question ! Parce qu'on s'y amuse !

Pour utiliser un mot à la mode, le Bal Folk est convivial. Il est impossible d'y danser seul, sans croiser le regard et le sourire des autres.

Cela est particulièrement vrai pour les mixers, ces danses qui -comme leur nom l'indique- mélangent les participants, amenant danseurs et danseuses à se rencontrer, se séparer, se retrouver...

(Un mixer : le cercle circassien, à St Jean/Mayenne, février 2003. Photo Folk53)

La diversité des formes de danses pratiquées fait qu'un grand timide pourra commencer par s'intégrer dans une chaîne d'hanterdro breton, puis dans un mixer (d'autant plus facilement qu'il sera guidé par le « caller », celui qui explique les figures de danse) et qu'il se retrouvera finalement dans les bras d'une jolie fille pour une valse lente particulièrement langoureuse... Non, le Bal Folk  n'est pas un club de rencontres ! Mais je connais de nombreux couples qui ont débuté comme cela !

Blague à part, on n'y va pas forcément pour draguer, mais pour rencontrer des gens.

Certains pourront répondre qu'il en est de même en boîte, et qu'ils ne voient pas l'intérêt que nous trouvons à danser tous de la même manière ; je répondrai qu'il est souvent plus facile de se parler en bal Folk qu'en boîte (le volume sonore n'est pas le même !) et que, si le pas est plus ou moins le même pour tous, le style utilisé par chacun est différent selon sa sensibilité, sa morphologie, son âge...

Enfin, le choix du Bal Folk traduit souvent une préférence pour une musique acoustique plutôt qu'électronique, avec des instruments en bois qui vibrent et qui font vibrer, avec des musiciens qui peuvent jouer à la demande pour s'adapter aux désirs du public, avec des références à une tradition qui se veut vivante, sans « folklorisme » (je n'ai absolument rien contre les groupes folkloriques, ils jouent un rôle important dans la formation des danseurs et des musiciens !!!).

4) Vous ne voyez toujours pas de quoi je parle ? Le Folk = ???????????

Je demande aux spécialistes de m’excuser, car je vais simplifier considérablement !

La musique et la danse traditionnelles, celles qui se transmettaient de génération en génération avec des innovations progressives et intégrées, ont bien failli disparaître en France au cours du XXème siècle. Certaines régions ont été plus durement touchées que d'autres. Vers 1970, il y a eu une prise de conscience de cette disparition d'un patrimoine et les travaux de collectages auprès des anciens se sont intensifiés.

Les frères Morvan, chanteurs traditionnels bretons (été 2003, St Samson, photo Folk53)

Il s'en est suivi des stages et des cours, notamment au sein de groupes folkloriques. En parallèle, de grandes figures comme Stivell ont suscité l'intérêt du public pour une musique qualifiée de « Folk ».

Comment définir cette musique ?

Suivant les courants, elle peut être très proche de la musique traditionnelle en privilégiant les instruments et le style d'une région et en n'utilisant que les contre-chants comme type d'arrangements.

Elle peut aussi s'en éloigner au gré des influences jazz, rock, world music avec des instrumentations variées, plus ou moins électronisées (électronifiées ?).

Les Ravageous (en fest noz à St Quay Portrieux, juillet 2003 photo Folk53) : de la bombarde aux cuivres, en passant par la guitare basse, les congas...

Dans tous les cas, il y a une volonté de faire VIVRE la tradition, de la poursuivre... jusqu'où ? A chacun son chemin !

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